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À l'origine était le dessin technique, plus communément appelé plan au bleu. Fait par des techniciens pour des techniciens, ce type de plan est le point de départ obligatoire de toute création, qu'elle soit industrielle, mécanique ou architecturale. Nécessaire, le plan au bleu l'est sûrement puisque sans lui aucune communication n'est possible entre le concepteur et le constructeur ; mais suffisant, il ne l'est certes pas. En effet, même s'il est muni de plans d'ensemble, de demi-ensemble et de pièces détaillées, l'exécutant doit, pour réaliser l'assemblage d'une machine, faire une projection intellectuelle dans l'espace pour mettre chaque élément en situation.
La matérialisation de cette projection dans l'espace - la mise en perspective - ne date pas d'hier ; mais curieusement, elle ne fut appliquée rationnellement au dessin technique qu'assez tard, entre les deux guerres. En ce domaine comme dans bien d'autres, ce furent les Anglo-Saxons qui innovèrent, et ce furent eux qui vulgarisèrent le procédé après la Libération.
C'est sans doute cette utilisation tardive qui explique les lacunes de renseignement graphique à ce sujet. En effet, au lendemain de la guerre on étudiait seulement la perspective architecturale (conique), tandis que la perspective axonométrique appliquée à la mécanique (perspective conventionnelle où les fuyantes sont parallèles géométriquement) commence seulement à être étudiée sous la pression d'une demande de plus en plus forte. Nous n'allons pas donner ici de cours de perspective, ces quelques pages n'y suffiraient pas ! Mais il est nécessaire de souligner que de sa parfaite maîtrise dépend la pratique de l'écorché ou de l'éclaté. Tous les spécialistes sont d'accord sur ce point, qu'ils utilisent ou non les grilles normalisées qui ont été mises au point à cet effet.
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