Les débuts de l’orthographe « française »
Les "Serments de Strasbourg“ de 842 présentent les premières traces qui nous sont parvenues d’une mise à l’écrit de la langue vulgaire parlée dans une situation de bilinguisme latin-roman. Graphie phonétique dans son principe, elle utilise l’alphabet roman pour transcrire des sons qui se sont éloignés du latin
L’orthographe française ne s’est pas toujours présentée sous la forme qu’elle a aujourd’hui. Si on lit les textes des auteurs des XVIe et XVIIe siècles dans leurs éditions originales, on s’aperçoit de différences considérables par rapport à l’orthographe actuelle.
Ainsi, pour citer deux exemples, on trouve chez Rabelais (1535) ce passage :
« Cy n’entrez pas, hypocrites, bigotz, Uieulx matagotz, marmiteux, borsouflez, Torcoulx, badaux, plus que n’estoient les Gotz, Ny Ostrogotz, persecurseurs de magotz… »
ou bien chez Descartes (1637) le texte suivant :
« Pour moy ie n’ay iamais presumé que mon esprit fust en rien plus parfait que ceux du commun : mesme i’ai souuent souhaité d’auoir la pensee aussi prompte, ou l’imagination aussy nette et distincte, ou la memoire aussy ample, ou aussy presente, que quelques autres. »
Un des arguments des opposants aux réformes d’orthographe est nourri par la crainte qu’on ne pourrait plus lire les classiques si l’on changeait l’orthographe ; cet argument est sans fondement, car c’est à l’inverse grâce aux adaptations en orthographe actuelle qu’on peut les lire encore aujourd’hui.
IXe siècle, lors du concile de Tours de 813, l'Église catholique ordonne aux prêtres de faire leurs prônes de manière à ce que le peuple puisse les comprendre. Les évêques rassemblés par Charlemagne décidèrent que les homélies ne devaient plus être prononcées en latin, mais en «rusticam Romanam linguam aut Theodiscam, quo facilius cuncti possint intellegere quae dicuntur», autrement dit en «langue rustique romane» ou en «langue tudesque» (germanique), selon le cas. Il faut attendre les Serments de Strasbourg pour que le premier texte complet écrit dans une langue issue du latin et clairement distincte de cette langue soit attesté. Cette langue est le roman, et c'est, de fait, la plus ancienne langue romane attestée.
Le premier texte littéraire, quant à lui, est la Séquence de sainte Eulalie.
XIe siècle, on trouve en pays d’oc une riche littérature écrite en ancien français dans une orthographe non codifiée, la « graphie des jongleurs », avec des différences individuelles selon l’auteur et sa région. Pour la région de Paris, il faut attendre le XIIIe siècle pour trouver des copies transcrites en « français ».
XIIIe-XVIe siècle, les principales tendances de la graphie sont, selon N. Catach, une « Tendance phonétique et plus exactement encore, un […] caractère phonologique de notre orthographe » auxquels s’ajoutent des « Tendances étymologique, historique, morphologique et sémantique, avec le rôle tout particulier joué par la distinction des homonymes et le problème des monosyllabes. […] ces tendances sont […], dans l’ensemble, les mêmes que celles de notre orthographe actuelle ».
A cette dichotomie de base s’ajoute celle des écritures et de leur fonction : la « caroline » qui était utilisée pour les textes en latin et appliquée par les clercs dans les couvents et par les écrivains des chansons de geste ; la « gothique » qui s’écrivait plus vite, mais de façon moins lisible et qui servait aux greffiers, aux notaires, aux chanceliers qui transcrivaient la langue vernaculaire pour faire face à la demande croissante de textes de la vie « pratique ».
1245 H.d'Andeli : Bataille des VII ars (apparition du mot « ortografie »)
1529, Geoffroy Tory introduit les accents, la cédille et l’apostrophe dans la graphie du français. Son zèle pour la langue française entrait dans les vues de François Ier, qui lui accorda le titre d'imprimeur du roi en 1529, et le fit admettre comme libraire de l'université de Paris en 1532.
1529, J. Lefèvre d'Etaples, S. de Colines : Grammatographia (traité de grammaire et de ponctuation)
1531, J. Dubois dit Sylvius : Grammatica latinogallica Isagoge (système accentuel très novateur)
1533, G. Tory (avec la collaboration de C. Marot) : La Briève Doctrine (premier code orthotypographique français, traité d'accentuation et propositions de caractères)
1538, Création par François 1er de l'Imprimerie du Roy
1539, « Ordonnance de Villers-Cotterêts » prise par le Roi François Ier imposant l'usage du français dans les actes officiels et de justice.
1540, E. Dolet : Manière de bien traduire d'une langue en aultre (accents et ponctuation)
1542, Louis Meigret défend « l’idée de la phonofixation des graphies » ; il pense qu’il « revient aux spécialistes de fixer la graphie, en la réglant sur l’usage oral, dont ils sont le greffier. » Néanmoins, il est conscient qu’en proposant son orthographe, « l’ecritture semblera etrãje de primme face, donãt pein’ ao lecteur jà accoutumé a un’aotre ».
1547-1550, J. Péletier du Mans : Dialogue de l'ortografe et prononciacion françoise (doctrine réformiste de la Pléiade)
1550, L. Meigret : Tretté de la Grammere Françœze (doctrine phonétiste)
1550, Ronsard : Avertissement au lecteur des Quatre premiers livres des Odes (orthographe réformée de la Pléiade)
1557, R. Estienne : Trakte de la grammaire françoise (doctrine conservatrice, étymologisante)
1558, C. Marot : édition de ses Oeuvres à Lyon par Jean 1er de Tournes (Premières distinctions i/j et u/v. Dans un poème « à ses disciples » apparaissent les règles de l'accord du participe passé)
1562, P. de La Ramée dit Ramus : Gramere (reprise des distinctions i/j et u/v, qui seront appelées « ramistes » ; phonétisme généralisé)
1565, Ronsard : Abbrégé de l'Art Poétique
1609, Poisson : Epître au Roi (contre la « latinortografe » de R. Estienne)
1620, J. Godard : La Langue françoise (suppression des s muets remplacés par des accent circonflexes, défense du t euphonique, suppression de lettres étymologiques, distinction en/an)
1632, A. Oudin : « Aduis touchant l'orthographe », in Grammaire françoise (contre les « modernes » et les « nouuelles escritures »)
1635, Fondation par Louis XIII et Richelieu de l'Académie Française
1635, Abbé Monet : Invantaire des deus langues françoise et latine (avec une « nouvelle manière d'écriture », contre la « Règle Etymologi- sante »)
1639, Ménage : Requeste présentée par les dictionnaires à Messieurs de l'Académie pour la reformation de la langue françoise
1640, Richelieu crée la « Manufacture royale d'Imprimerie »
1647, Vaugelas, dans les Remarques sur la langue française, définit le bon et bel usage comme « la façon de parler de la plus saine partie de la Cour, conformément à la façon d’escrire de la plus saine partie des Autheurs du temps ».
1660, Port-Royal : Grammaire générale et raisonnée.
1660-1661, Somaize : Grand dictionnaire historique des Pretieuses (qui sont pour une « ortographe » simplifiée)
1663, Corneille : Avis au lecteur (Corneille préconise les lettres « ramistes » et la distinction entre « l'e simple, l'é aigu et l'è grave »)
1668, Lesclache : Les Véritables régies de l'ortografe francéze (pho- nétisme)
1672, G. Ménage : Observations sur la langue françoise
1673, l’Académie française (fondée en 1635 par Richelieu) demande à Mézeray d’établir des règles pour l’orthographe française. Les commentaires des membres de l’Académie ainsi que de Bossuet forment la première prise de position conservatrice de l’Académie : « …la Compagnie préfère l’ancienne orthographe, qui distingue les gens de Lettres d’avec les Ignorants et est d’avis de l’observer partout, hormis dans les mots où un long et constant usage en a introduite une différente. »
1680, Richelet : Dictionnaire françois (avec un système complet d'orthographe simplifiée)
1694, 1ère édition du Dictionnaire de l'Académie« (plutôt conservatrice, étymologisante ; mais Corneille répandra l'usage des »lettres ramistes« )
1706, F. Regnier-Desmarais : Traité de grammaire (latiniste)
1709, les tendances à mieux rendre la langue parlée par l’écrit aboutissent à une tentative de former une écriture phonétique (Claude Buffier).
1716, Abbé Girard : L'Ortografe française sans équivoques et dans ses principes naturels
1719, Jésuites de Trévoux : Plan d'une ortographe suivie pour les imprimeurs (simplifications et usage généralisé des accents)
1733, P. Simon : Sistême du Bureau tipografique (réforme pédagogique)
1740-1762, 3e et 4e éditions du Dictionnaire de l'Académie, dirigée par l'abbé d'Olivet (nombreuses et importantes simplifications orthographiques)1740. Dans la troisième édition du Dictionnaire : le nombre des lettres étymologiques est considérablement réduit, un emploi conséquent des accents est envisagé et l’usage de la lettre y est réglementé, de sorte que dans cette édition la graphie de 6177 mots est changée.
1767, N. Beauzée : Propositions pour une orthographe « moderne »
1771, Voltaire s’engage pour une simplification de l’orthographe, en écrivant: « L’écriture est la peinture de la voix, plus elle est ressemblante, mieux elle est. »
1784-1795, F. U.Domergue : Journal de la Langue française
1798, 5e édition du Dictionnaire de l'Académie (continuation des simplifications, ajout d'un glossaire de termes « révolutionnaires »)
1805, Domergue : Lettre à Napoléon demandant « la réforme de notre orthographe »
1811, C. P.Girault-Duvivier : Grammaire des grammaires (conservatisme jusque dans les erreurs d'étymologie)
1826, J. J.Marie, académicien : Appel aux français (projet de réforme)
1827-29, C.L. Marle fonde la « Société pour la propagation de la réforme orthographique » à laquelle parviennent 33'000 lettres d’adhésion. Marle rédige un Appel aux Français (1829), dont il vend 100'000 exemplaires et dans lequel il écrit que « L’éqriture n’a été invantée que pour pindre la parole. » Mais la guerre de 1830 met fin à toute initiative de réforme.
1833, Décret Guizot instituant l'orthographe comme épreuve du brevet des maîtres.
1835, dans la sixième édition du Dictionnaire, l’Académie se trouve investie d’une responsabilité « qu’elle n’avait jamais eue […] : les imprimeurs, en particulier, firent de l’orthographe du Dictionnaire de 1835 […] l’étalon suprême du français écrit, erreur dont encore à l’heure actuelle, nous payons doublement les frais, par le mauvais choix de l’étalon, et par le principe même d’un étalon en la matière. » in Nina Catach, 2001
Les lettres dites grecques qui avaient été réduites au XVIIIe siècle, sont réintroduites dans cette sixième édition. On écrit donc par exemple : anthropophage, diphthongue, rhythme. Importantes modifications en orthographe grammaticale, adoption des lettres « ramistes », de la graphie « voltairienne » en ai (« avais », au lieu de « avois »), rajout du t dans les pluriels en ant (« enfants » au lieu d'« enfans ») ; mais position conservatrice sur les lettres étymologiques)
1837, E. Littré propose des régularisations et simplifications.
1865, en Suisse s’établit un mouvement de réforme. Dans les cantons de Vaud, Genève, Neuchâtel et Berne sont fondés des Comités phonographiques qui demandent une orthographe rationnelle. En 1867, ces comités se regroupent dans la Société phonographique suisse qui deux ans plus tard devient la Société néographique suisse et étrangère.
1867, Ambroise Firmin Didot publie ses Observations sur l’orthographe ou ortografie française suivies d’une histoire de la réforme orthographique depuis le XVe siècle jusqu’à nos jours. Dans cet ouvrage, il s’engage pour la perfection de la langue française : il envisage une simplification des lettres étymologiques, des consonnes doubles, des noms composés, l’alignement des désinences –ent en -ant, la suppression de la lettre t prononcée /s/ et remplacée par s, ainsi que la suppression de la lettre x finale et son remplacement par s. Il exige deux lettres différentes pour les sons /g/ et /?/. Il discute ces changements avec Edouard Raoux, président de la Société suisse.
1876, la Société néographique suisse devient la Société suisse de réforme orthographique. Elle se charge de soutenir les tentatives de réforme en France et d’en informer les personnes intéressées en Suisse.
1863-73, Emile Littré dans son Dictionnaire de la langue française fait des remarques concernant les inconséquences de l’orthographe française et propose des changements ; bien qu’il soit membre de l’Académie française, les académiciens ne soutiennent aucune de ses propositions de réforme.
1877-1878, 7e édition du Dictionnaire de l'Académie (introduction de quelques tolérances)
1886-87, sur l’initiative des membres de la Phonetic Teachers’ Association et de Paul Passy, la Société de réforme orthographique est formée. Son but est la « simplificacion de l’ortografe Fransaize » et dans ses publications elle adopte une orthographe d’usage réformée.
1889-1890, la Société de réforme orthographique soumet une pétition à l’Académie française, qui porte les signatures de 7000 personnes ; elle demande une « simplification de l’orthographe » et énumère les différents thèmes à réformer : suppression d’accents muets (où, là, gîte, qu’il fût) et d’autres signes muets (rythme, fils, faon), le dédoublement et la substitution d’une lettre à deux (honneur, photo), la question de l’uniformité (dixième, dizaine, genoux, fous). Son but est une orthographe phonétique ; il le formule ainsi dans le Journal des Débats du 20 avril 1889 : « Le phonétisme pour but idéal, la modération pour règle immédiate. » L’Académie française ne réagit pas à cette pétition.
Michel Bréal, inspecteur général de l’instruction publique de France, souligne l’importance de la langue parlée et de la phonétique pour l’enseignement moderne des langues étrangères. Il soutient des réformes modérées : en première ligne il voudrait éliminer les lettres grecques de l’orthographe française.
Léon Clédat, Docteur ès lettres, veut simplifier les règles de l’accord du participe passé. Il pense que les grammairiens et les philologues devraient initier les réformes et que les manuels de grammaire utilisés dans les écoles devraient entériner ces changements ; selon lui, l’Académie serait seulement chargée du choix entre deux graphies ainsi que de la rédaction du Dictionnaire. Le programme de réforme de Léon Clédat, dans l’orthographe propre à lui, comporte les points suivants :
I. Remplacer partout par une s l’x final muet ou prononcé comme s.
II. Ecrire toujours par un z les adjectifs et substantifs numéraus en « zième, zaine »
III. A l’indicatif présent des verbes en –re, -oir, et –ir, terminer uniformément par une s pure et simple les première et deuzième personnes et par un t la troizième personne du singulier.
IV. Ne jamais redoubler l’l ni le t dans les verbes en –eler et en –eter.
V. Ne jamais faire l’accord du participe passé dans les trois cas suivants :
- 1. Quand le complément direct est le pronom en ;
- 2. Quand le participe est suivi d’un infinitif sans préposition ;
- 3. Pour le participe de coûter et de valoir.
1891, le Ministre Léon Bourgeois publie une liste de « tolérances » : dans les écoles, les fautes d’orthographe qui concernent les points non élucidés par les grammairiens eux-mêmes, ne doivent plus être sanctionnées ; les enseignant(e)s en sont informé(e)s par circulaire, de façon plutôt vague, des graphies qui sont soumises aux tolérances.
1892, création de la section belge de la Société de réforme orthographique à laquelle adhèrent 370 membres.
1893, l’Académicien Octave Gréard rédige une note sur la simplification de l’orthographe ; il critique la circulaire Bourgeois et déclare que l’Académie est la seule assemblée compétente pour les changements orthographiques. La note de Gréard est discutée à l’Académie et acceptée par six voix contre quatre ; les 34 autres membres s’abstiennent et la note n’a donc pas de conséquences.
1893, A. Renard : La nouvelle orthographe
1894, L. Clédat : Gramaire raisonée de la Langue française
1896, la Société suisse de réforme orthographique se refonde et soutient le mouvement réformiste en France, sans pourtant avoir un propre concept de réforme.
Les Sociétés de réforme orthographique de France, d’Algérie et de Belgique lancent une pétition adressée au Ministre français de l’instruction publique, M. E. Combes. Combes charge une commission de 9 personnes d’examiner les simplifications de l’orthographe française qui pourraient être admises dans l’enseignement et dont l’usage serait autorisé dans les examens à tous les degrés. Dix jours après la formation de cette commission, la charge de Ministre de l’instruction publique passe à M. A. Rambaud qui ne convoquera jamais la commission.
1900, nouvelle commission : deux membres du Conseil Supérieur de l’instruction publique, Henri Bernès, agrégé des lettres et Paul Clarin, agrégé de grammaire, demandent de former une commission composée de deux membres de chaque degré scolaire – enseignement primaire, secondaire et supérieur – pour « préparer la simplification de la syntaxe française dans les écoles primaires et secondaires ». Le 1er août 1900 les décisions de la commission sont publiées dans le Journal Officiel sous le titre de « Arrêté relatif à la simplification de la syntaxe française ». Il s’agit de tolérer des graphies qui s’éloignent de la norme, c’est-à-dire de ne pas les compter comme des fautes.
En janvier 1900 déjà, l’Académie entre en lice par la voix de Ferdinand Brunetière qui proteste en disant que « c’est la première fois que le gouvernement s’occupe de régenter la langue française et qu’il tient si peu de compte de ce qu’on peut regarder comme un droit de l’Académie ». Deux membres de la commission sont pourtant des académiciens. Le ministre répond « que pas un moment il n’avait eu la pensée de soustraire le travail de la Commission au jugement de l’Académie ». En septembre 1900, l’Académie convoque une commission.
1900, A. Binet : création de la Société libre pour l'étude psychologique de l'enfant (recherches sur la mémorisation, la cacographie, l'épellation...)
1900-1901, G. Leygues : Arrêtés ministériels (« tolérances » orthographiques, concernant en particulier les accords du participe passé)
1900-1905, Campagne réformiste, soutenue par A. France.
1901, on publie les nouvelles décisions de tolérance de l’Académie avec le commentaire : « L’arrêté du 31 juillet 1900 est rapporté. ». Les décisions prises par l ‘Académie visent entre autres l’accord du participe passé : l’arrêté de 1900 préconisait que le participe conjugué avec avoir restait invariable ; l’arrêté de 1901 n’acceptait plus cette liberté et dans le rapport de l’Académie on pouvait lire :
« modifier la règle de l’accord des participes, c’est porter l’atteinte la plus grave à la littérature française toute entière ; c’est reléguer d’un seul coup dans l’archaïsme tous les poètes qui ont écrit jusqu’à ce jour. » En conséquence, l’Académie empêche pratiquement aux élèves d’apprendre les nouvelles graphies : l’arrêté de 1901 ne dit pas comment les graphies en question devraient être enseignées ; les enseignant(e)s sont seulement informé(e)s par une circulaire des tolérances à appliquer lors des examens.
1903, le Petit Larousse publie sous le titre « L’orthographe dans les examens » un article en additif qui comporte les extraits suivants :
« L’arrêté ministériel du 26 février 1901 ne réforme pas, ni modifie pas (sic) l’orthographe, comme on a eu et comme on a le tort de le dire. Il n’a d’autre objet que de simplifier l’enseignement de la syntaxe en admettant des tolérances dans les examens ou concours. […] Ainsi donc les règles restent telles qu’elles étaient […] il est par conséquent indispensable qu’elles continuent de figurer dans les grammaires, et il y a utilité à les connaître, car quiconque ne les appliquera pas fera des fautes. La portée essentielle de la décision ministérielle du 26 février, c’est l’obligation où seront les examinateurs de tolérer ces fautes, de ne pas en tenir compte aux candidats. »
Le 11 février, le Ministre de l’instruction publique convoque la commission sous la présidence de Paul Meyer, un des signataires de la pétition à l’Académie de 1889. Octave Gréard est le seul académicien qui participe au travail de cette commission qui veut abolir les « consonnes parasites » et préparer la simplification de l’orthographe française.