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"Les fautes empêchent rarement la compréhension"
Marinette Matthey,
professeur de linguisitique à l'université Grenoble-III, livre son
analyse sur l'évolution du français et de son bon usage.
Les moins de 30
ans font-ils davantage de fautes que leurs aînés ?
Oui, mais ils sont en train d’écrire une nouvelle ligne orthographique.
Il y a actuellement un mouvement de simplification de l’orthographe
extrêmement profond, contre lequel il est difficile de lutter.
Comment
expliquez-vous l’apparition de cette nouvelle orthographe ?
L’école consacre de moins en moins d’heures à son enseignement, alors
que les règles sont toujours aussi difficiles. De plus, depuis une
vingtaine d’années, le développement des claviers et de l’Internet a
bousculé les normes. Ces techniques permettent à tout un chacun, même
si on ne maîtrise pas parfaitement l’orthographe, d’être publié sans
qu’intervienne un intermédiaire entre soi et ses lecteurs. En effet, il
n’existe aucun filtre avant publication sur les réseaux sociaux, les
forums, les blogs, etc. Avec le clavier, l’écriture est à la portée de
tous. Donc les jeunes écrivent bien plus qu’avant, mais commettent
aussi plus de fautes. Et voir les fautes des autres nous décomplexe
nous-mêmes. Cela nous montre qu’on peut très bien écrire... sans savoir
écrire.
Quelles sont les
fautes les plus courantes ?
Les jeunes écrivent largement en phonétique, car on entend le son de
80 % des lettres dans notre langue. Mais ils utilisent aussi leurs
souvenirs scolaires. Ainsi un verbe qui se termine par le son “è”
(-ais, -ait, -aient, aie, etc.) sera systématiquement orthographié en
“-ai”. Il existe pourtant des correcteurs automatiques ! On voit
souvent le nom “maintien” orthographié avec un “t”, comme le verbe à la
troisième personne du singulier. Pourquoi ? Parce que les correcteurs
orthographiques ne repèrent pas, eux, cette différence de nature entre
les mots.
On dit souvent que
les textos ont entraîné une dégradation de l’orthographe. Qu’en est-il ?
En réalité, depuis qu’il existe des forfaits SMS illimités, les jeunes
utilisent moins d’abréviations. Et beaucoup écrivent avec le
dictionnaire intégré. Donc, on a tendance à écrire des textos de plus
en plus corrects.
Faut-il simplifier
l’orthographe ?
Je ne suis pas contre, car une norme qui n’est plus suivie montre
qu’elle n’est plus adaptée au monde dans lequel on évolue. De plus, les
fautes empêchent rarement la compréhension d’un texte, elles ne nuisent
donc pas à la communication. Mais chaque fois qu’un gouvernement a
tenté de simplifier les règles orthographiques, il s’est heurté aux
défenseurs du français, qui estiment que leur langue, “la plus belle du
monde”, est sacrée.
Recueilli par Alexandra Bogaert
alexandra.bogaert@publications-metro.fr
Metrofrance.com
Article du 11-2011 23:09 sur le site de Métro France
Forum de l'article
grep
On dirait que Metro essaie de justifier les fautes d'orthographe très
fréquemment présentes dans leurs articles. "C'est pas grave, ça ne gène
pas la compréhension!"
BenVoyons
Le problème n'est pas l'orthographe. C'est que les fautes permettent de
cacher l'imprécision de l'esprit. Combien de fois suis-je confronté,
dans un travail particulièrement technique où la précision est de mise,
à des fautes masquant des sérieux contre-sens, qui, dans mon domaine,
peuvent avoir des conséquences dramatiques sur l'outil de travail de
milliers de personnes. "une norme qui n’est plus suivie montre qu’elle
n’est plus adaptée au monde dans lequel on évolue" : c'est le parfait
exemple d'une culture de la paresse intellectuelle. Si c'est
contraignant, on abandonne ?
bellatrix
le niveau des élèves de cm2 est déplorable, pas d'apprentissage de la
grammaire, pas d'orthographe, une rédaction dans l'année. Le niveau est
tiré vers le bas, il n'y a qu'a regarder le nombre impressionnant
d'offres d'emploi qui stipulent "tres bonne orthographe demandée" alors
que cela devrait aller de soi. Les étudiants (médecine par exemple) ne
savent pas écrire le Français correctement c'est tout de meme
inquiétant à ce niveau.
Chris/www.profencampagne.com
Ce n'est pas l'orthographe qui est en danger... Ce sont les illettrés,
dysorthographiques, dyslexiques et j'en passe. Cessons de nous
intéresser au "monument orthographe" et penchonns-nous sur l' HUMAIN!
Résistance Patriotique
Ne nous y trompons pas, la culture française est de moins en moins la
bienvenue dans ce monde. On veut clairement nous réduire à un peu de
folklore et de tourisme et niveler le niveau par le bas. La majorité
des élèves des années 50/60 écrivaient correctement, maintenant, c'est
la médiocrité qui est devenue de rigueur, et l'éducation nationale
favorise cette tendance au lieu d'élever le niveau. Vraiment pitoyable.
Chris/www.profencampagne.com
Le fait qu'on "écrivait mieux avant" est faux: 1- l'analyse des
courriers des "poilus" de 1914-1918" démontre une orthographe générale
pitoyable. 2- quand on parle de l'orthographe des élèves d' "avant", on
oublie un "petit détail": le fait que dès le CM2, des élèves par
milliers étaient ELIMINES et n'accédaient pas au secondaire! On ne se
pose JAMAIS la question de savoir comment ceux-là écrivaient puisqu'ils
n'allaient plus à l'école... Les études n'en font jamais cas.
Sabine
Bien sûr que si, les fautes empêchent la compréhension, en français
comme dans d'autres langues. Pas besoin d'être un fervent défenseur de
la langue pour s'en rendre compte. Et au contraire, on devrait
consacrer davantage de temps à l'apprentissage du français - savoir
apprendre sa propre langue, c'est être mieux équipé pour apprendre les
langues étrangères, donc savoir mieux communiquer, au final.
Roselyne Van Eecke
Pas d'accord, et vous ? : "Les fautes empêchent rarement la
compréhension"
Ludovic Saint-Pol
“@RVanEecke: Pas d'accord, et vous ? : "Les fautes empêchent rarement
la compréhension" ” sela depan kel fote !!!
Guillaume Bietry
"Les fautes empêchent rarement la compréhension", pas contre simplifier
l'orthographe. Non mais c'est quoi ce délire ??
Alain C.
Personnellement, je n’étais pas brillant en Français à l’école, mais
quand je lis ce qu’écrivent les générations actuelles, j’en ai mal aux
yeux. Je ne comprends pas que Mme Matthey puisse cautionner ce style
d’écriture... Voulez-vous dire que vous êtes pour le style de Français
que l’on trouve sur les forums ? Exemple de fautes plus que courantes :
Je trouve sa vréman pratik décrire en fonétique, Mme Maté pense que ses
la venir. Evolution du Français : oui. Faire n’importe quoi : Non.
boz
Beaucoup de langues ont une orthographe largement phonétique, elles ne
s'en portent pas plus mal, et leurs locuteurs non plus.
cocobeloeuf
Certes, mais ce n'est pas le cas du français. Nous n'allons pas, en
plus d'avoir une monnaie unique, opter pour un verbiage unique !
boz
Je vois mal en quoi l'adoption, hypothétique je vous rassure, d'une
orthographe phonétique reviendrait à opter pour un « verbiage unique ».
Je vous fais néanmoins remarquer que le français est utilisé
officiellement dans plus de pays que l'euro et que ce caractère
international du français est généralement considéré comme étant plutôt
une des ses qualités.
George Kaplan
— Quand je lis ça, j'ai envie d'ouvrir un #goulag. Consternant. via
@MarineDesbois.
Marine R.
Ah non mais c'est consternant : @monsieurkaplan ! #SRpower #bordel!
Ricath
Je ne crois pas que les défenseurs du français, dont je suis, disent
que c'est la plus belle langue du monde. La question n'est pas là,
d'ailleurs. "De plus, les fautes empêchent rarement la compréhension
d’un texte, elles ne nuisent donc pas à la communication." Il n'y a pas
que la "communication" dans la vie, il y a la langue écrite, la
littérature ! Si les fautes les plus répandues deviennent la norme, la
prochaine génération sera incapable de lire et de comprendre les
finesses d'auteurs comme Flaubert, Maupassant, Hugo, Baudelaire, et
j'en passe, écrivains du XIXe siècle, donc pas "moyenâgeux" ? Et, plus
proches de nous, Proust ou même Céline qui, malgré un style très
personnel souvent fondé sur l'argot et la langue parlée de l'époque,
écrivait un français éblouissant ? Quant à La Fontaine, Racine,
Molière... peut-être passeront-ils dans la catégorie "ancien
français"... À quand les curriculum vitae et lettres de candidature
écrits phonétiquement ? Car, me direzvous, ce qui est important, ce
sont les compétences, pas l'orthographe... ! Il faut qu'une langue
vivante évolue, bien entendu. De nouveaux mots apparaissent, d'autres
disparaissent des dictionnaires, parfois pour le plus grand regret des
puristes, mais tant pis. Cependant "évolution" est le contraire de
"régression", et c'est pourtant bien une régression que madame Matthey
semble prôner : une simplification à l'extrême, donc un nivellement par
le bas, en faisant fi des règles de base que l'on apprend au tout début
de l'école primaire, comme les conjugaisons ou mettre un "s" aux noms
quand ils sont au pluriel... N'en déplaise à madame Matthey,
l'orthographe et la grammaire aident à la compréhension. Un exemple
très simple, une faute très couramment rencontrée : la confusion entre
le futur de l'indicatif et le conditionnel. En effet, "je serai" n'a
pas du tout le même sens que "je serais"...
boz
À l'oral il n'y a généralement pas de différence entre « je serai » et
« je serais », et pourtant on comprend quand même ce qui est dit.
L'exemple des noms au pluriel n'est pas très convaincant non plus : ils
sont la plupart du temps précédés d'un article qui suffit bien à
indiquer le pluriel. C'est sans doute pour cette raison justement que
les fautes d'accord sont nombreuses.
cocobeloeuf
Boz, pourquoi ramenez vous tout à l'oral ? Que faites vous de l'écrit ?
Apprécieriez vous de lire un auteur français un langage phonétique ? En
ce qui me concerne, l'idée me donne la nausée, et ce n'est pas Sartre
qui m'aurait contredite...
boz
Ne pas apprécier les fautes d'orthographe ne doit pas empêcher de se
rendre compte qu'elles n'empêchent que rarement la compréhension. Il
n'y a absolument aucun lien entre ces deux questions.
cocobeloeuf
Les fautes n'empêchent pas la compréhension, je suis d'accord avec
vous, dans une certaine mesure, mais le langage sms ou les e-mails
écrits de cette façon sont rédhibitoires, en ce qui me concerne !
boz
Les verbes qui se terminent par -ais, -ait, -aient, aie, etc. ne sont
prononcés avec un « è » que par une partie, probablement minoritaire,
des Français, d'autres prononçant avec un « é ». De plus, une troisième
catégorie prononce -ai et -ais de deux façons différentes, l'un comme
un « è », l'autre comme un « é », ce qui, disent-ils, leur permet de
faire la différence à l'oral.
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