Albrecht Dürer s’est rendu à Venise quelques années avant la parution du livre Divina Proportione de Pacioli et on sait que Dürer, au cours de ce séjour en Italie, s’est intéressé de près à certains problèmes géométriques et au nombre d’or. En octobre 1506, Albrecht Dürer écrivit à son ami Pirckheimer, de Nuremberg, qu’il se rendait à Bologne à cheval « dans le but de se former lui-même à l’art ». Il se peut que Dürer et Luca Pacioli se soient rencontrés à cette époque. Mais nous supposons que Albrecht Dürer a étudié les différents ouvrages concernant la composition des lettres lorsqu’il a publié son livre Underweisung der Messung mit dem Zirckel und Richtscheit (Instruction sur la manière de mesurer avec la règle et le compas) en 1525. À la fin du troisième tome de son Underweysung, Albrecht Dürer, à l’instar de Pacioli, donne des exemples de chaque lettre de l’alphabet sous la forme de caractères imprimés avec la légende correspondante ; Underweysung est le premier livre en langue allemande sur la réalisation du caractère romain.
L'alphabet d'Albrecht Dürer a inspiré Alain Hoenig qui en a dessiné en METAFONT une adaptation moderne : d’une part il a ajouté les lettres J, U et W et, d’autre part, il décline cette police en gras, italique avec ou sans sérifs (Ces fontes sont accessibles sur CTAN et sur les disques TEX-Live).
Liens de référence
- La lettre GUTenberg n° 20 p.13
- Typographie des caractères romains de la Renaissance, par Hermann Zapf