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La gueule toute verte- 5

Qui sème les chimères, récolte la misère

L'agriculture transgénique prend la Vie comme cobaye. Dieu s'en accommode puisqu'on l'an 2000 l'Église a approuvé ce hold-up sur notre avenir biologique, perpétré par un quarteron d'entreprises biocidaires. Cinq transnationales (Monsanto. Du Pont, Novartis, Aventis, Astra-Zeneca) contrôlent 60 % de l'agrochimie, l'essentiel des semences et la totalité des OGM !Par leur mainmise sur la recherche, elles utilisent la technoscience pour rendre les plantes brevetées stériles légalement. Quant aux insoumis qui réutiliseraient ces semences, ils sont traqués par l'agence Pinkerton

connues comme allergisantes, de l'utilisation d'un gène marqueur résistant aux antibiotiques, de l'usage accru d'herbicides avec des plantes OGM qui leur sont tolérantes, de l'apparition de résistances génétiques parmi les ravageurs de plantes OGM produisant un insecticide, de la pollution génétique subie par les champs traditionnels ou biologiques ? Les semences de ferme sont mises à l'index. En 1989, les révoltes dans les campagnes firent annuler un projet de loi tentant de les interdire, mais l'Europe prit le relais, recommandant en 1999 de « taxer les semences de ferme qui portent préjudice aux justes intérêts des semenciers ». L'État français conditionne certaines primes à l'utilisation de semences certifiées et a institué en 2001 une taxe sur les semences de ferme, la CVO

Prenons-en de la graine

Isolement : technique de sélection continue à partir d'un seul grain ou d'un seul épi, pour des plantes conservant fleurs caractéristiques d'une génération à l'autre (blé, orge, avoine).

Hybridation : technique d'autofécondation mise au point sur une plante (maïs) comportant sur un même épi fleur male et une fleur femelle. Dans un champ classique, il y a fécondation entre épis différents (hybridation naturelle) ; dans un champ hybride, les plants sont tous identiques, entraînant une chute du rendement par « consanguinité » à la génération suivante.

Chimères génétiques : transfert à un organisme vivant de gènes présents dans des bactéries, des plantes, des animaux, produisant notamment des plantes (maïs, soja, coton, colza) tolérantes à un herbicide qu'elles stockent ou des plantes (maïs, coton, pommes de terre, tomates, riz) contenant un gène de bactérie Bt et générant, en quantité 10 000 fois supérieure aux traitements habituels, un insecticide qui tue les ravageurs.

CNDSF : Coordination nationale pour la défense des semences fermières menant depuis 1989 de nombreuses actions pour résister à la pression des lobbies semenciers.
Semences paysannes : réseau d'associations de paysans, de jardiniers, de syndicats, de consommateurs permettant notamnient de mettre en relation les initiatives favorisant la biodiversité, de faciliter la réappropriation des savoir-faire paysans, de favoriser la création variétale et la distribution de semences adaptées aux agricultures biologiques, biodynamiques et paysannes.

Kokopelli : propose un catalogue de semences biologiques ( 1 000 variétés).

Les adhérents peuvent «adopter» une variété peu connue ou en voie d'extinction. Des semences sont envoyées gratuitement à de nombreuses communautés rurales du Tiers Monde. Dans son centre d'Auroville (sud de l'inde) il sont produites et échangées par le réseau Annadana (don de nourriture) d'anciennes variétés potagères et céréalières ; il aide également à îa création de réseaux semblables en Asie du Sud-Est afin de permettre aux paysans de retrouver leur autonomie.

Auroville travaille aussi sur une réinstallalion de la forêt primitive, sur un système de régénération de l'eau (salinisée par des pratiques agricoles dévastatrices), sur l'utitisation d'énergics renouvelables...

(connue au siècle dernier pour des assassinats de syndicalistes) ou dénoncés par leurs voisins (numéro vert). Ces chimères génétiques sont sans risques, nous rassure Axel Kahn, président de la Commission de génie moléculaire : « L'information sur l'éventuelle utilisation génétique n'est pas significative pour le consommateur et il n'est pas nécessaire de la rendre obligatoire. »

Pourtant, en 1989, la diffusion aux USA d'un supplément diététique transgénique, le I-tryptophane, se traduisit par 5000 hospitalisations, 1500 handicapés et 37 décès. L'entreprise productrice japonaise refusa toute collaboration et subit un incendie « accidentel » qui détruisit tous les stocks... Pourtant, en 1999, des rats consommant des pommes de terre génétiquement manipulées présentèrent une prolifération de mucosités gastriques... Pourtant, en 1999, l'INRA mena une étude sur des vaches nourries au maïs transgénique qui ne fait l'objet d'aucune publication à ce jour... Pourquoi s'inquiéter de l'introduction par le génie génétique de protéines

(Contribution volontaire obligatoire !). Ainsi l'agriculture chimérique tente d'achever le mouvement d'cxpropriation du vivant, entamé au XIXème siècle.

Semons-nous les uns les autres

Les semences, brevetées, modifiées, stérilisées, sont des armes dans les serres du monde de ['argent. Ne subissons plus, prenons le maquis pour disséminer, régénérer, échanger, produire et consommer localement : les forces de répression n'ont pas la capacité de mettre un flic derrière chaque tas de compost. Le combat pour les semences est un combat pour la liberté et pour la vie : ne plus subir, développer le travail en commun, non l'individualisme, la coopération avec la nature, non sa domination, l'enracinement dans les sols, non leur stérilisation, l'autonomie des paysans, non leur soumission ; semer à tout vent des graines d'ananar, récolter un autre futur issu d'une révolution noire et rouge...

Élan Noir